avril 3, 2008...1:34

Cancer des bronches : le détecter plus tôt

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Des chercheurs de l`EPFL et du CHUV ont développé une méthode de détection précoce du cancer des bronches. Elle est aujourd’hui  disponible sur le marché.

Le cancer du poumon est le type de cancer le plus fréquent. Une majorité de ces cancers se développent au niveau des bronches. Une détection tardive est le principal responsable de sa forte mortalité. Une méthode de détection précoce est donc particulièrement intéressante et bienvenue.

Collaboration de l’EPFL et du CHUV 

La nouvelle méthode des chercheurs lausannois a pour nom « endoscopie diagnostique par auto-fluorescence ». Deux fois plus sensible qu’une endoscopie classique, elle est aujourd’hui disponible sur le marché.  

Jeux de lumières 

Les scientifiques sont partis d’un constat : soumis à un rayonnement de longueur d’onde précise, les tissus bronchiques sains émettent naturellement une lumière fluorescente verte (on parle ainsi d’auto-fluorescence) beaucoup plus intense que les tissus précancéreux. Ce contraste permet de repérer visuellement ces lésions.  

Etre sur la bonne longueur d’onde

 Si le constat peut paraître simple, les problèmes à résoudre étaient encore nombreux. Il s’agissait tout d’abord de trouver les longueurs d’onde pour lesquelles ce contraste est le plus marqué et la quantité de lumière fluorescente émise est suffisante pour  en permettre la détection. Ces deux longueurs d’onde étant différentes, il a fallu trouver le meilleur compromis possible.  

Le rouge et le vert 

La distance entre la source de lumière primaire et les tissus joue aussi un rôle dans la quantité de lumière reçue par l’endoscope - et ce surtout pour un organe comme les bronches, qui se présentent comme un tunnel ramifié. La parade est la suivante : une deuxième source de lumière, rouge, n’induisant pas d’auto-fluorescence éclaire les tissus bronchiques ; ceux-ci renvoient ce rayonnement sans distinction entre tissus sains et précancéreux. Seule la distance entre les tissus et la caméra crée une variation d’intensité. La détection simultanée des deux lumières - rouge et verte - permet de compenser l’effet de distance. 

Une méthode efficace 

Parallèlement, des études cliniques menées au CHUV ont permis de valider la méthode d’endoscopie par auto-fluorescence. Les chercheurs ont démontré qu’elle détecte deux fois plus de lésions précancéreuses que l’endoscopie classique. 

Développement industriel 

 L‘étape suivante consistait à trouver un partenaire industriel pour développer la méthode et la rendre compatible avec un usage en cabinet médical : facilité d’usage, taille réduite, fiabilité, etc. C’est l’entreprise allemande Richard Wolf GmbH qui s’y est attelée. 

Mise sur le marché 

Aujourd’hui la méthode et l’appareillage d’endoscopie diagnostique par auto-fluorescence sont sur le marché ; plus d’une centaine d’appareils ont déjà trouvé preneur. Un succès de plus pour la recherche fondamentale.

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